Richmond Regional High School, n’a pas fait bonne figure au «Palmarès 2025 des écoles secondaires du Québec». Elle a obtenu une note globale de 4,9 sur 10 et s’est classée au 348e rang, sur les 470 écoles du palmarès. Ces chiffres sont toutefois loin de refléter les nombreuses initiatives mises de l’avant par cette institution pour favoriser la réussite éducative de ses élèves.
Rappelons que ce palmarès est publié chaque année par l’Institut Fraser, un groupe de réflexion («think tank») canadien conservateur et de droite. On le retrouvait dans le magazine L’Actualité jusqu’en 2008. Depuis, c’est le Journal de Montréal et le Journal de Québec qui font connaître les résultats.
Des actions pour la réussite, au-delà du palmarès
Emmanuelle Doré est professeure à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. Elle dit accorder moins de valeur à ce palmarès.
«Ce que je vois dans les milieux scolaires est assez différent des résultats. Ce n’est pas parce qu’une école n’est pas dans les premiers rangs du palmarès que l’équipe-école n’est pas engagée envers la réussite. Il y a une grande mobilisation ainsi que des pratiques pédagogiques qui se développent. Mais on ne voit pas nécessairement ça dans le palmarès.»
La professeure constate que ce genre de comparaison, entre les écoles, affecte les milieux scolaires.
«Les gens travaillent très fort et développent toutes sortes d’approches de collaboration interprofessionnelle. Quand ils lisent ça dans le journal, ils ne voient pas les résultats de leurs efforts.»

C’est le cas de Richmond Regional High School. Son directeur, Steve Element, n’a pas voulu commenter les résultats du palmarès. Au même titre que les autres directions d’écoles du Val-Saint-François. Par contre, il en avait long à dire sur tout ce que cette école secondaire met en place pour soutenir ses 370 élèves.
Une école fréquentée par des élèves d’un partout
Compte tenu que Richmond Regional High Shool est la seule école anglophone de la région, certains de ses élèves proviennent d’aussi loin que Drummondville ou de Windsor. À cela s’ajoute des étudiants internationaux originaires de pays comme les Philippines, la Chine ou l’Allemagne. L’établissement est d’ailleurs responsable de leur offrir des cours de francisation.
Compte tenu de sa singularité, l’école tisse aussi des liens étroits avec les écoles primaires anglophones de Richmond (Saint.Francis) et de Danville (ADS).

Visite à New York et soutien de l’Université McGill
Steve Element explique que les actions de l’école s’inspirent du concept des «écoles innovantes». Une approche centrée sur l’élève, les technologies, la pédagogie active, des espaces flexibles et des projets interdisciplinaires. Avec pour objectif de développer l’autonomie, la créativité et l’engagement des jeunes.
«Il y a quatre ans, nous avons commencé à faire des recherches et à visiter des écoles innovantes. Certains membres du personnel sont même allés jusqu’à New York pour constater ce qui se faisait là-bas. De même, nous collaborons étroitement avec l’Université McGill à ce sujet.»

Un temps consacré aux passions et aux études
L’une des composantes d’une école innovante est d’offrir aux élèves du temps libre pour participer à des cours basés sur leurs intérêts. L’établissement a ainsi choisi de consacrer un bloc de 32 minutes après l’heure du dîner, trois jours sur neuf, aux passions des jeunes. On leur offre des ateliers d’ébénisterie, de mécanique, de robotique, du badmington, du baseball, du deck hockey, des jeux de société, etc. Même la danse en ligne fait partie des cours populaires auprès des élèves, indique le directeur.
Les six autres journées, les enseignants se servent de cette période pour aider des étudiants dans les matières où ils ont davantage de difficulté. «Ça fait en sorte que des élèves obtiennent, sur une base régulière, du soutien académique, sous forme de tutorat. Et ce, en-dehors de la classe régulière.» Pendant ce temps, les autres élèves ont du temps pour étudier ou faire leurs devoirs à l’école.

Des rencontres pour soutenir les élèves
Richmond Regional High School permet à ses enseignants d’organiser des rencontres entre eux. Pour discuter ensemble des meilleures pratiques et cibler les élèves qui pourraient avoir davantage besoin de soutien.
L’école étudie actuellement la possibilité de mettre en place des réunions quotidiennes d’environ 15 minutes entre un enseignant et les élèves. Afin de permettre à ces derniers d’évoquer leurs préoccupations et de mieux se préparer pour la journée.
«Quand je suis allé à New York, j’ai demandé aux élèves ce qu’ils avaient le plus aimé de leur journée. Et souvent, ils répondaient que c’était cette période de 15 minutes.»
Steve Element croit qu’une telle façon de faire pourrait créer de meilleures relations entre les étudiants et le personnel. Pour y arriver, il souhaite toutefois obtenir l’adhésion de toute son équipe. «Nous travaillons avec le personnel pour voir la façon dont nous pourrions intégrer cela dans l’école. On veut aussi s’assurer que tout le monde comprenne les raisons pour le faire. Alors, ça prend du temps. Un représentant de l’Université McGill travaille avec nous là-dessus.»
Des élèves impliqués dans les rénovations
Autre trait distinctif de Richmond Regional : les élèves ont leur mot à dire dans la rénovation de l’école. Une pratique débutée après la pandémie.
«À la sortie du Covid, nous nous sommes concentrés sur le bien-être de nos étudiants. Pour ce faire, nous avons voulu créer des espaces plus accueillants et conviviaux pour eux. Ça fait partie de notre projet éducatif.»
Concrètement, l’école organise des rencontres avec le conseil étudiant lors desquelles la direction fait part de ses projets de rénovation. Les élèves ont alors la possibilité de proposer leurs idées et ont accès à un budget.
Par exemple, les élèves se sont impliqués dans la remise à neuf du salon des étudiants.
«Les jeunes ont réfléchi à quoi ça ressemblerait et quel type d’équipement on y retrouverait. Ce sont eux qui ont repeint les murs. Aujourd’hui, c’est un espace utilisé chaque jour par les élèves à l’heure du lunch.»

Même chose pour la salle de jeux. Où on retrouve maintenant une table de billard, de mini-paniers de basket, des jeux de fléchette et une console de jeux. «Avant, le lieu était peut-être utilisé par deux ou trois élèves. Maintenant, il est plein», pointe le directeur.

Outre ces deux endroits, les jeunes ont aussi participé, ces dernières années, à la transformation de la salle d’entrainement et du hall principal.

Classe extérieure fonctionnelle en 2026
En plus de sa cure de jeunesse intérieure, l’école est en train d’embellir son campus extérieur. Non seulement avec des fonds du centre de services scolaire et du ministère de l’Éducation, mais aussi grâce au soutien de la communauté. Un individu, souligne le directeur, a même fait un don de 30 000 $ pour ce projet.
L’automne dernier, Richmond Regional a ainsi fait aménager une classe extérieure. Que les professeurs pourront commencer à utiliser avec leurs élèves lorsque les conditions météo le permettront, ce printemps.
De même, des arbres, des végétaux et des bancs ont été ajoutés à l’avant de l’école, pour le bénéfice des élèves.

Des bénévoles présents dans l’école
Le Centre d’apprentissage communautaire (Community Learning Center – CLC) est un autre aspect propre à cette école anglophone. Ce centre, qui existe depuis environ une quinzaine d’années, en est l’un des moteurs. «Nous avons une coordonnatrice, Siu Min Jin, qui nous aide à mettre en place des projets qui impliquent notre communauté», explique Steve Element.
Par exemple, tous les mercredis et vendredis, des citoyennes et citoyens réalisent des projets avec les élèves.
«Plusieurs bénévoles viennent à l’école pour aider les élèves dans des classes en lien avec leurs passions. Comme par exemple l’ébénisterie ou un cours de mécanique. Des élèves ont ainsi eu l’occasion de démonter un moteur au complet en pièces détachées. Pour ensuite tout remettre ensemble. Ils y ont mis beaucoup d’efforts et on voyait l’appréciation sur leur visage lorsqu’ils ont démarré le moteur!»
La musique qui crée des ponts
L’école crée aussi des liens avec la communauté de diverses façons. Par exemple, avant les Fêtes, les élèves de la classe de musique sont allés offrir des chants de Noël aux résidentes et résidents âgés de Whales Home, à Cleveland.

D’autres élèves de 9e, 10e et 11e année (3e, 4e et 5e secondaire) ont quant à eux participé au Canadian Music Class Challenge organisé par le diffuseur public national CBC.
Passionnés, même après l’école
Autre particularité de cet établissement : les élèves peuvent choisir de rester après l’école pour consacrer du temps à leur passion : sport, musique, théâtre ou arts. «Il y des autobus qui partent une première fois après l’école, à 15 h 10. Et nous avons d’autres autobus qui, eux, viennent chercher les jeunes qui restent après l’école, à 17 h», souligne Steve Element.
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